Comment gagner en confiance au travail : ce que personne aux RH ne vous dira
La confiance n'est pas un sentiment.
On a tendance à considérer la confiance comme une émotion, quelque chose qu'on possède ou qu'on ne possède pas, quelque chose qui précède l'action.
Ce modèle est erroné. La confiance est le fruit de la répétition. On agit. On survit. On recommence. Finalement, le système nerveux cesse de percevoir l'action comme une menace. C'est cela, la confiance. Elle vient après, et non avant.
Attendre d'être sûr de soi avant de prendre la parole en réunion, de présenter une idée ou de postuler à un emploi, c'est comme attendre d'être en forme avant de faire du sport. La démarche est différente.
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Là où la confiance au travail se brise réellement
Trois points de fracture courants.
Nouvel environnement. Vous avez changé d'entreprise, de pays ou de secteur d'activité. Vos compétences acquises ne sont pas directement transposables. Vous vous sentez comme un débutant malgré dix ans d'expérience. C'est normal. Cela va passer. Accordez-vous 90 jours avant de porter un jugement sur vos capacités.
La compétence sans reconnaissance. Vous produisez un excellent travail, mais personne ne le remarque. Avec le temps, ce silence mine votre confiance en vous. Vous commencez à vous demander si votre travail est vraiment bon. Il l'est probablement. Le problème réside dans le processus de retour d'information, et non dans votre production.
La spirale de la comparaison. Vous observez un collègue présenter avec aisance alors que vous répétez pendant des heures. Vous voyez quelqu'un promu après deux ans alors que vous attendez depuis cinq ans. La comparaison mine la confiance en soi car elle vous pousse à comparer votre expérience interne à la performance externe d'autrui. Vous voyez leurs moments forts et vos propres difficultés.
La boucle compétence-confiance
La voie la plus rapide vers la confiance passe par la compétence. Améliorez-vous dans votre travail. Apprenez ce que vous avez toujours évité. Maîtrisez l'outil que vous déléguez systématiquement.
Chaque compétence acquise réduit vos insécurités. Vous n'avez plus peur de présenter les données car vous maîtrisez le logiciel. Vous n'évitez plus les appels clients car vous avez répété votre argumentaire.
La compétence ne requiert pas de talent. Elle requiert de la répétition. Et la répétition est accessible à tous.
Oser prendre la parole dans des situations où l'on se sent insignifiant
Le plus grand défi en matière de confiance en soi sur le lieu de travail dans les pays du Golfe est de prendre la parole lorsqu'on est la personne la plus junior, la plus récemment embauchée ou la seule personne de sa nationalité présente.
La technique qui fonctionne : prendre la parole tôt. Plus vous attendez, plus la pression monte. Dites quelque chose dans les dix premières minutes. Pas besoin d’être brillant. Une question suffit. Une clarification aussi. Même un simple accord sur un point précis est efficace. L’objectif est d’affirmer votre présence avant que l’anxiété ne vous paralyse.
Deuxième technique : se préparer mieux que les autres. La confiance découle de la préparation. Si vous arrivez à une réunion en ayant lu tous les documents, vérifié tous les chiffres et anticipé toutes les questions, vous abordez la situation avec assurance. La préparation permet aux personnes moins extraverties de s’épanouir.
La taxe sur la confiance imposée à certains groupes
Les femmes, les personnes issues de milieux sous-représentés et les personnes dont l'anglais n'est pas la langue maternelle travaillent dans les pays du Golfe et doivent faire face à un manque de confiance en elles. Elles doivent être mieux préparées, plus éloquentes et plus visibles pour obtenir la même reconnaissance.
Il ne s'agit pas d'un problème d'auto-assistance, mais d'un problème systémique. Savoir que le système est déséquilibré ne signifie pas accepter ce déséquilibre. Cela signifie privilégier les variables que vous maîtrisez : la préparation, la documentation, la visibilité et le développement de relations stratégiques.
Le système doit évoluer. Pendant cette période de transition, agissez efficacement au sein de celui-ci.
Constitution du dossier de preuves
Tenez un registre. Appelez-le comme vous voulez. Notez chaque fois que vous réussissez quelque chose : chaque courriel positif d’un client, chaque projet terminé dans les délais, chaque problème résolu.
Quand la confiance vacille, et cela arrivera, ouvrez le dossier. Difficile de contester ses propres preuves. Le dossier ne ment pas. Il n'a pas de mauvais jours. C'est un compte rendu factuel de vos compétences.
Il ne s'agit pas de vanité, mais de maintenance. Les athlètes visionnent leurs performances. Les musiciens réécoutent leurs enregistrements. Les professionnels devraient analyser leurs victoires.
J'écris sur les décisions qui façonnent réellement les carrières, pas sur celles qui font bonne figure sur un CV.
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